L’argent public engagé se limite à un jus d’orange, et il s’agit d’observer son parcours pour saisir quelque chose d’elle. Quand il s’agit de poser des jalons sur sa vie, une date fuse : Mai 68. Les événements s’invitent sous les fenêtres de l’appartement familial, place Denfert-Rochereau, à Paris. A la télévision, l’adolescente voit le «beau» Cohn-Bendit. Sous son nez, le monde s’embrase. Madame Belloubet tient un petit hôtel-restaurant avec vue sur le Lion de Belfort. Monsieur, fils de bougnat aveyronnais, devenu ingénieur, travaille à la Compagnie d’électromécanique, au Bourget. Le couple ne demande pas grand-chose et surtout pas des bouleversements. Gaullistes par défaut, ils n’aiment guère les «enragés», quand leur fille s’amuse du spectacle de la rue. A 13 ans, on n’a pas peur, on découvre, amusé, les affaires publiques un peu en désordre. Quand il faut choisir une carrière après le bac, elle ne sait pas. Elle s’inscrit en fac à Sceaux, c’est son secteur, et en droit, sur le mode «pourquoi pas». Là, elle décrit un éblouissement qui déterminera sa vie. Marlène Schiappa , nommée secrétaire d’Etat en charge de l’égalité entre les hommes et les femmes… La blogueuse Daria Marx n’a pas sauté de joie en apprenant la nouvelle, mercredi après-midi, et l’a fait savoir sur son compte Facebook. ] garde en travers de la gorge un livre rédigé par Marlène Schiappa fin 2010. Le titre ? Osez l’amour des rondes, un opus de la collection « Osez » des éditions La Musardine, qui rassemble des petits guides ludiques consacrés à toutes les pratiques sexuelles. Le sujet était casse-gueule « mais méritait d’être traité, tant la grossophobie a pris de l’ampleur aujourd’hui », estime Daria Marx, contactée par 20 Minutes. Elle espérait que Marlène Schiappa lève les idées reçues sur les femmes rondes. « C’est raté », regrette-t-elle. Dans une tribune à chaud publiée sur le Web en février 2011, la blogueuse publie plusieurs extraits d’Osez l’amour des Rondes. Pour Daria Marx, les problèmes commencent dès l’introduction, lorsque Marlène Schiappa tente de définir la femme ronde. Une mauvaise entame pointée aussi par une autre blogeuse, Audrey Paola.